Phnom Penh, à la découverte de la douloureuse histoire du Cambodge

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La capitale du Cambodge, Phnom Penh, jadis surnommée la Perle d’Asie est aujourd’hui en pleine reconstruction après avoir beaucoup souffert de la guerre civile et de la révolution menée par les khmers rouges. Depuis quelques années, elle tente de se relever, au point de devenir une des capitales les plus plaisantes de cette région du globe. Retour en images et en explications sur la partie la plus sombre de l’histoire de ce tout petit pays …

Un bref rappel des faits …

L’arrivée des khmères rouges au pouvoir renvoie à une très sombre page de l’histoire du Cambodge. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce sont près de 1,7 millions de personnes qui furent tuées en l’espace de quelques années soit 20 % de la population ! Horrible, imaginez en France une guerre civile qui tuerait, en l’espace de quelques années seulement, pas moins de 13 millions de personnes …

En 1975, Pol Pot arrive au pouvoir après plusieurs années de guerre civile et il plonge petit à petit le Cambodge dans une dictature d’une extrême violence. Pol Pot souhaite créer une société sans classe sociale, et pour cela il oblige les habitants des villes à migrer de force vers les campagnes. S’en suivra une chasse aux intellectuels (des médecins, des professeurs….) qui seront torturés par de jeunes khmères rouges (10-15 ans) puis exécutés dans les camps d’extermination. L’année 1979 marquera la fin de cette gigantesque bêtise humaine, très souvent oubliée dans nos cours d’histoire en France …

Le musée du génocide de Tuol Sleng

Aujourd’hui un mémorial, Tuol Sleng (également appelé prison S-21, un nom de code tenu secret) était à l’époque de Pol Pot une prison politique au sein de laquelle les pires tortures ont été commises. Chaque détenu subissait de lourdes tortures pour avouer des crimes qu’il n’avait pas commis.

L’atmosphère qui se dégage en entrant est extrêmement lourde. Le lieu se compose de quatre bâtiments principaux au sein desquels nous pouvons découvrir de nombreuses salles de tortures.

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L’entrée du musée

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Les règles de sécurité, document d’époque…

Les murs sont ornés de photographies des crimes, des corps mutilés, brulés, de cadavres gisant dans une mare de sang… Ces photographies sont un témoignage émouvant de cette partie de l’histoire, pas si lointaine ! On y voit des hommes, des femmes, des enfants, certaines personnes ayant le sourire, mais n’imaginant probablement pas encore ce qui les attend …

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Une des nombreuses salles de photographies

La potence, utilisée à l’époque pour pour pendre les prisonniers et leurs sous-tirer des informations …

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La potence

Un choc supplémentaire est de pouvoir constater, malgré les années passes, les lits de torture en ferraille maintenus en état ainsi que les traces de sang incrustées dans le sol que nous trouvons à nos pieds …

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Le choc !!!

A la libération de la prison S-21, seulement 7 survivants ont été retrouvés ainsi que quatorze corps répartis dans différentes cellules, aujourd’hui enterrés au sein du mémorial. Quelques photographies des cellules de l’époque…

La cellule d'un survivant

Une des cellules

Les prisonniers torturés étaient ensuite envoyés au camp d’extermination de Choeung Ek.

Le mémorial Tuol Slang coûte 3$ l’entrée et est ouvert de 8h à 17h.

Le camp d’extermination de Choeung Ek

Le lendemain de notre « visite » de la prison S-21, nous avons décidé de poursuivre notre découverte de l’histoire en nous rendant sur les lieux du camp d’extermination de Choeung Ek, situé non loin de Phnom Penh, et plus communément appelé Killing Fields ! Ce nom veut tout dire… Le site est aujourd’hui un lieu de commémoration et un immense édifice y a été construit au centre.

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Le coeur des Killings Fields

Il contient des étages et des étages de crânes humains, triés par âge et par sexe, retrouvés dans le camp quelques années plus tôt ! Cela fait froid dans le dos …

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Des étages de crânes humains

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Et les os, par milliers !

En parcourant le site, on côtoie les 80 charniers retrouvés, certains contenaient plus de 400 corps ! L’une des fosses ne se composait que de corps d’enfants où non loin de là un arbre servait à les attacher et les battre à mort, le crane explosé contre l’arbre, car les balles « coûtaient trop cher » …

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L’arbre de la torture

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Une pierre en hommage aux nombreuses tueries

En marchant sur le site, nous avons eu la surprise de constater des traces d’os et de vêtements à même nos pieds, et qui continuent de refaire surface, bien des années plus tard !

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Un os, à nos pieds

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Les creux : là où étaient enterrés des milliers de corps

Que ce soit le musée du génocide ou les Killings Fields, ces deux visites sont très éprouvantes. En visitant les deux sites, nous nous sommes sentis le cœur bien lourd…

L’entrée des Killings Fields coûte 5 $. Le site est ouvert de 7h30 à 17h30 et est situé à 10 kms de la ville. Vous pouvez vous y rendre en louant en scooter ou en tuk-tuk. La circulation étant dense et dangereuse, nous avons pris l’option du tuk-tuk et payé 15$ la journée pour faire les Killings Fields combinés au marché russe.

Les marchés de Phnom Penh

Il existe une multitude de marchés dans la capitale. Nous en avons visité deux :

  • le marché russe (ou Psar Tuol Tong Pong) : ce marché doit son nom à la grande concentration de russes dans les années 80. C’est ici qu’on était censé y acheter quelques souvenirs pour nos familles, mais nous y sommes passés trop tard, vers 17h. Heure à laquelle les marchands commencent à fermer leurs étals !
  • le marché central (Psar Thmey) : situé au cœur de la ville, il est facilement reconnaissable par sa forme circulaire. Immense marché, on y trouve de tout : des vêtements, des bijoux, des téléphones, des souvenirs, des stands de nourritures et de jus de fruits frais… Vraiment impressionnant :)
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Le marché central

Obtenir ses visas à Phnom Penh

Impossible pour nous d’obtenir notre visa pour la Chine avant notre départ, car le visa n’est valable que trois mois, et notre arrivée au sein de « l’Empire du milieu » n’est prévue que début mai ! Une seule solution donc : faire notre demande dans une ambassade !

Motivés que nous sommes, on décide donc de tenter notre chance à l’ambassade chinoise de Phnom Penh. Tuk-tuk obligatoire pour s’y rendre … On arrive le lundi matin avec un gros dossier sous le bras : photocopies de nos billets d’avion d’entrée et de sortie du territoire chinois, de toutes nos réservations d’hôtel (merci Booking….), de notre certificat d’assurance, de notre itinéraire précis jour par jour, de nos relevés bancaires, d’une photo d’identité ainsi que de 60 dollars (30 dollars le visa). Bref, vous l’aurez compris, un visa bien difficile à obtenir …

Une fois arrivés sur place, nous prenons le temps de remplir le formulaire de 4 pages ! Nous le transmettons, accompagné de notre dossier … Et là, surprise … on se fait recaler en moins de 5 secondes ! Motif de l’agent : « Vous êtes au Cambodge et nous avons besoin de votre titre de transport qui justifie que vous allez quitter notre pays. » « Euh, si on demande un visa pour la Chine, c’est bien parce qu’on souhaite quitter le Cambodge ? » Il ne veut rien y comprendre … Nous avons prévu de quitter le Cambodge 10 jours plus tard par bus, et bien évidemment nous n’avons pas encore pu acheter nos billets … Grrr, nous sommes sacrément remontés !

Obtenir le visa chinois est définitivement le parcours du combattant ! Et passer par une agence fait tripler le coût … Nous retenterons donc notre chance dans quelques semaines à Hanoï (Vietnam) voire ensuite à Kuala Lumpur (Malaisie). Si nous ne réussissons pas à obtenir le fameux sésame, une seule solution : transiter par l’aéroport de Pékin et quitter la Chine dans la journée…

Pour le visa vietnamien, fort heureusement, ce fut beaucoup plus simple … Nous sommes passés par la Eigthy8 Backpackers, une super guesthouse dont nous vous parlerons plus bas dans notre rubrique « bons plans ». On transmet notre passeport, et moyennant 122 $ (soit 61 $ le visa), on obtient notre visa pour le Vietnam en 48 heures !

Flâner dans les rues de la capitale

Phnom Penh est une ville très agréable pour se balader. Que ce soit dans les rue ou au bord du fleuve, on ressent très rapidement toute l’énergie débordante et communicative des cambodgiens ! On prend le temps de manger dans les petits restaurants de rue et d’admirer l’architecture coloniale française de nombreuses maisons.

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Une ville pleine d’espaces verts

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Une scène de vie locale

 Nous nous asseyons sur un banc et faisons la connaissance d’un français à la retraite et qui vit plusieurs mois dans l’année à Phnom Penh ! Il nous parle de la vie ici au Cambodge… Notre discussion s’éternise pendant près de 2 heures, mais quel plaisir ! C’est aussi ça la magie du voyage 😉

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Phnom Penh au ralenti

On en profite également pour admirer deux des joyaux de la ville : le musée national et le palais royal ! Une architecture vraiment impressionnante …

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Le palais royal

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Le musée national

Nous nous rendons, le matin de notre départ, à la grande poste de Phnom Penh pour expédier en France notre désormais célèbre MacBook (acheté avant le départ et qui nous a lâché à deux reprises au bout de quelques semaines…) ainsi que quelques souvenirs pour nos familles… A notre grand étonnement, les agents refusent d’expédier notre MacBook ainsi que son chargeur : « la batterie ne passera pas la douane ». On se dit que la poisse continue à nous suivre, que cet ordinateur est définitivement le boulet de notre aventure … Pas grave, on retentera notre chance dans une autre poste cambodgienne ! Et vous verrez, dans quelques jours, que notre stratégie fût la bonne 😉

Notre séjour à Phnom Penh prend fin, avec vous l’aurez compris, tout son lot de souvenirs, plus ou moins douloureux… Voyager c’est aussi, et avant tout, mieux comprendre l’histoire des pays que nous traversons et Phnom Penh fut un passage marquant de notre aventure d’un mois au Cambodge ! Notre prochaine étape : la station balnéaire de Sihanoukville et la toute petite île de Koh Rong …

INFOS PRATIQUES
  • Transport : Nous avons pris le bus de Kompong Chnang : 2h de trajet que nous avons payé 5 $ par personne. Arrivés à Phnom Penh, nous avons demandé au chauffeur de nous déposer au bord de la route près de la gare routière, pour nous éviter de payer un tuk-tuk.
  • Hébergement : Les guesthouses et hôtels sont très chers dans la capitale. Nous avons passé 3 nuits au Me Mates Place. Lit double avec chambre de bain privée, ventilateur et climatisation, c’est correct mais un poil trop cher… Heureusement, le propriétaire de cette guesthouse est également gérant d’une autre guesthouse : la Eighty8 Backpackers. Les hébergements étant malheureusement complets, dommage car elle est vraiment super ! Nous avons ainsi pu profiter gratuitement de la piscine, et la nourriture est une tuerie ! Des sandwichs, des hamburgers, des shakes de fruits, une cuisine occidentale délicieuse et raisonnable pour les petits budgets comme le notre 😉

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