La descente de la Route de la Mort, en VTT

DSCF5103

Pour une fois, nous ne vous parlerons pas de la découverte d’une ville ou d’un lieu mythique mais bien d’une activité pour le moins originale et surtout forte en sensations : la célèbre descente de la route de la mort en VTT, la route réputée comme la plus dangereuse au monde !

Audrey, un peu malade et surtout réticente à cette activité, préfère passer son tour ! Dans cet article, je ne vous parlerai donc que de mon expérience et de mes ressentis…

Un projet classé top secret, et pour cause…

Cette descente de la route de la mort, je l’avais en tête depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois… Mais ce projet était classé top secret auprès de ma famille ! Et pour cause, je ne souhaitais ni les inquiéter ni même leur gâcher le sommeil …

Surtout lorsque l’on sait que, le vélo et moi, c’est une longue histoire d’amour ! Petit rappel des faits pour celles et ceux qui me découvrent :

  • Été 2013 : descente en VTT dans les Pyrénées, un vol plané par-dessus le VTT me conduit la tête la première vers un énorme rocher ! Résultat : une dent cassée et un poignet en vrac ! Je m’en sors bien 😉
  • Été 2014 : à cause d’une maudite tong qui vient se prendre dans ma roue arrière, nouveau vol plané mais cette fois-ci au beau milieu de la route ! Résultat : une belle frayeur mais surtout une fracture du poignet !

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai préféré garder ce projet top secret ?!

DSC_3016

Le VTT, j’adore…

La route de la mort, c’est quoi au fait ?  

C’est une route de 50 km, qui fut empruntée pendant une centaine d’années, pour rallier La Paz (la capitale bolivienne) aux montagnes environnantes. Un chemin de 3 mètres de large serpentant à flanc de montagne sans barrière ! Au fil des années, des centaines de bus, camions, vélos sont tombés de cette falaise mortelle pour s’écraser 2 000 mètres plus bas. Dans les années 90, on estimait ainsi que 200 à 300 voyageurs se tuaient chaque année sur cette route, soit un véhicule toutes les deux semaines ! Effrayant, n’est-ce pas ? Regardez cette vidéo pour mieux comprendre, et attention âmes sensibles, s’abstenir…

Heureusement, depuis quelques années, la majeure partie de cette route n’est plus empruntée et une nouvelle route, beaucoup plus moderne, a été construite à force de tunnels et de ponts. Mais la route de la mort, elle … existe toujours ! Et ce, pour le bonheur des voyageurs, amateurs de sensations fortes…

Mais avant de se lancer dans l’aventure, je pars faire le tour des agences avec Simona et Jure, un couple slovène rencontré à notre hôtel et qui souhaite également être de la partie. Il y a de très nombreuses agences à La Paz, les prix varient principalement selon la qualité du vélo (frein / suspension) ! Nous optons pour l’une d’entre elle, moyennant 430 bolivianos (57 €).

Direction le sommet du col de la Cumbre

Le minibus vient nous chercher à 7h30 non loin de notre hôtel, vélo sur le toit en direction du point de départ : le col de la Cumbre. Le trajet durera une bonne heure et demie, le temps d’atteindre une altitude de 4 660 mètres !

DSCF5026

Le sommet du col de la Cumbre

C’est à cet endroit que nous descendons du minibus et nous équipons ! Dehors, il fait froid, très froid même… Les vestes et pantalons sont de rigueur ainsi que les protections (genoux, coudes) et bien évidemment le casque intégral !

60 km de descente pour 3500 mètres de dénivelé : voilà le chouette programme qui attend notre petite équipe internationale composée de deux slovènes, un français, un équatorien et un guide bolivien ! Le fun peut maintenant commencer 😉

DSCF5039

Nous sommes prêts !

1ère étape : la route bitumée

La journée commence par une descente de 32 km sur la nouvelle route, toute bitumée, bien pentue, sur laquelle nous nous élançons à la file indienne (1450 mètres de dénivelé) ! Pas de difficulté majeure, hormis les camions que nous tentons de doubler… Méfiance donc ! Nous sommes lancés à un peu plus de 60 km/h, solidement accrochés à notre guidon, l’œil attentif au moindre nid de poule ou trace d’huile sur la route, car à cette vitesse-là, la moindre faute peut coûter cher…

DSCF5062

Et c’est parti …

Le paysage est magnifique ! Hélas, nous roulons beaucoup trop vite pour en profiter pleinement…

DSC_0332

Les paysages sur la 1ère partie

La route de la mort, nous y sommes

Après cette première partie facile, nous entamons le vif du sujet… Au km 2 de la véritable route de la mort ! Nous nous trouvons devant un panorama fabuleux, totalement verdoyant, entourés d’un épais brouillard (3200 m) et apercevant le tracé sinueux de cette route mythique se dessinant à flanc de colline.

DSCF5102

La route de la mort

Seuls quelques véhicules empruntent encore cette route, principalement les habitants de ces villages de montagne ainsi que les minibus qui accompagnent les groupes comme le nôtre. Et pourtant, il existe toujours des accidents mortels… La plupart des victimes sont désormais des touristes en VTT. Gare à l’accident donc, la moindre chute pourrait être fatale !

Route de la mort, c’est parti

C’est dans cette 2nde partie que j’ai vraiment pu m’éclater et me lâcher : l’air frais de la montagne puis la chaleur, l’adrénaline et l’absence de barrière donnant un vrai sentiment de liberté, mais aussi de danger !

DCIM100GOPROG2150926.

Au guidon de mon VTT

Ce que l’on appelle « route » est en fait un chemin : pierres, boue, cascades et passages étroits en font un vrai grand moment de VTT. La pluie s’étant invitée au début de la descente, le sol est quelque peu glissant … Le temps est brumeux, ce qui rajoute à l’atmosphère du lieu, un peu mystique !

Cette route comporte très peu de barrières de sécurité. D’un côté, je vois la montagne et de l’autre le vide… Parfois 800m de vide tombant à pic ! Impressionnant ! Surtout quand on se pose juste au bord du précipice, faut vraiment pas avoir le vertige 😉

DSCF5130

Gare à la chute !

Parfois, sur le bas-côté, je vois des croix qui marquent les accidents fatals qui se sont produits… Ça aide à se reconcentrer on va dire ! Ce qui est sympa par contre, ce sont les chutes d’eau qui tombent sur le chemin, ça glisse certes mais c’est surtout très rafraîchissant !

DSCF5140

Concentration jusqu’au bout !

Derrière nous, le bus de l’agence nous suit et ferme la marche. Toutes les 20-30 min, nous faisons une pause pour se rafraichir et s’étirer un peu !

DSCF5159

Le minibus n’est jamais bien loin…

Ayant déjà pratiqué un peu le VTT, je peux vous dire que c’est vraiment intense, ce n’est pas tant la technicité ou les virages un peu secs mais ce sont les 32 km de descente sur ces chemins caillouteux qui vous font vibrer les bras et les mains. A tel point que les cloques commençaient à faire leur (douloureuse) apparition durant la dernière ½ heure de descente… Un secret : j’en ai même pleuré de douleurs, c’est pour vous dire 😉

Une fois en bas (à 1 200 m), je me dirige vers un petit village local déguster une bonne bière bien méritée avec « ma Team » avant de partir déjeuner et prendre du bon temps dans la piscine du restaurant ! Après l’effort, le réconfort 😉

DSC_0399

Une baignade bien méritée !

Direction ensuite La Paz (en minibus !), un gros dodo dans le véhicule pour me remettre de toutes ces émotions, et j’irai ensuite à l’agence récupérer le DVD et le tee-shirt de mon aventure avant de rentrer fièrement à l’hôtel en me disant que j’ai bel et bien survécu à la route de la mort…. Et oui, mon histoire d’amour avec le VTT n’est pas terminée 😉

DSC_0380

La Team

Cadeau … La vidéo « caméra embarquée » de la descente

 

Route de la mort : bon à savoir
  • La route de la mort est accessible à beaucoup de personnes, à condition d’être concentré, de rester calme, de conserver une distance de sécurité avec les autres cyclistes, et surtout de ne pas être trop confiant !
  • Les agences proposant un pack « Route de la mort » ne manquent pas à La Paz (incluant le VTT, l’encadrement, l’équipement, le transport, le déjeuner et les boissons). Profitez-en pour négocier, surtout si vous êtes à plusieurs ! Mais ne cherchez pas forcément l’agence la moins chère, renseignez-vous surtout sur la qualité du VTT (freins, suspensions) et l’encadrement (nombre de personnes par guide ?). Le tarif proposé n’inclus pas les 25 bolivianos (2,5€) de frais d’entrée.
  • Emportez un sac avec peu d’objets de valeur. Emmenez votre crème solaire, lunettes (ça vous évitera de vous prendre de la poussière ou des insectes dans les yeux) et éventuellement une GoPro si vous pouvez l’attacher en ventrale.
  • Prévoyez un maillot de bain : comme je vous le disais, vous aurez le droit à la fin de la descente à piquer une tête dans la piscine avant de rentrer sur La Paz.
  • De retour à La Paz, faites quelques étirements ou vous risqueriez de le regretter le lendemain 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *